Petit texte métaphorique à connotations philosophiques
La randonnée de l’amitié
Nous avons marché dans des sentiers encombrés durant quatre heures
Sacs sur le dos, bonheur en bandoulière
La faim commence à nous tenailler quand un petit village apparait en bas de la vallée.
Une aire de pique-nique nous attend et sur sa table est gravée une carte d’orientation, délavée par
les intempéries.
Deux vieux vélos, posés là, semblent nous relater une autre époque et leurs bagages toilés relatent
de longs voyages saisonniers.
Les amis et moi, posons nos sacs pour enfin apprécier un moment de répit.
En face, sur la gauche de la petite rue, une boulangerie
Pendant que le petit groupe s’installe, n’aillant plus de victuailles
Je traverse la chaussée et pénètre dans l’entrée
Tout au fond, une très vieille dame, est penché pour ranger
Sur un étal un peu bancal, un grand panier qu’elle ravitaille
En appétissantes viennoiseries et quelques autres confiseries
Je n’ai jamais vu ça, des montagnes de babas
Toutes sortes de pains, des pâtisseries, du chocolat
Autour de moi, un véritable capharnaüm, présentation inouïe
De quoi se mettre en appétit
« Bonjour madame ! Bonjour monsieur ! Que voulez-vous »
« Je voudrais deux chaussons aux pommes et deux croissants, s’il vous plaît »
«Quarante six mille, s’il vous plaît »
Je m’exclame ! Elle me rassure, « je mélange les époques que voulez-vous »
« Quarante six centimes d’euro » s’il vous plaît »
Il me vient à penser qu’elle a du encore se tromper d’époque, son esprit doit être flou
« Vous êtes sûre » ?
A la voir de plus près, elle a plus de quatre vingt dix ans
Mais dégage une aura et une beauté d’un naturel charmant
Je fouille dans ma bourse, en sort cinquante centimes et lui tend stupéfait
Et pense un moment qu’elle ne me rend pas la monnaie
Quel imbécile je suis, quatre centimes me dis-je et je discute le prix, ne suis-je pas
satisfait ?
Des pubs sont là, sur le comptoir, elle m’en présente deux au hasard
Ce sont des billets de tombola, je n’y comprends plus rien dans ce bazar
Elle fouille toujours dans son tiroir, « Laissez, madame, c’est le pourboire »
Un gros berger, vient me flairer, impressionnantes, ses mâchoires
Je me rapproche vers la sortie, le chien bondit sur le comptoir
Fouille dans le tiroir caisse, me rend quatre centimes, de sa patte alezane
Je sors avec un petit sourire et une pensée pour la vieille dame
C’est fou ! Ce que l’on peut faire avec une bête intelligente qui est à la fois, son ami, son
gardien, sa défense absolue.
Je rejoins l’aire de pique-nique, mais mes amis ont disparu
Ce n’est pas dans leurs habitudes. Que se passe-t-il dans ce village ?
Y aurait-il du brigandage ?
Pas de panique, j’ai bien trop faim et ils ne doivent pas être loin
Mon téléphone les joindra, pour l’instant en rester là
Puis je commence à déguster, toutes ces denrées de qualité
Au bout de l’autre rue, une foule s’approche, à ma hauteur, elle décroche
Se sont des militants politiques, ils arrachent des affiches
Les jettent à terre, je les harangue, ils en recollent et ils s’en fichent
Repassent près de moi, m’ignorent plus ou moins
Indifférents à mes sarcasmes, poursuivent leur chemin
Ca me révolte, je crie ma hargne que me prend t’i l ? A être hostile
Ne suis-je pas d’humeur tranquille ?
Le dernier militant me couche à terre, une femme l’accompagne d’un air austère
Il me menace en se targuant, la dame l’encourage, frénétiquement
Dans son sourire des plus moqueur, je perçois quelques lueurs
Pas bien méchant, cet homme là, manipulé ! Mais arrogant
Je me rebiffe, « va t’en esclave », la femme rit, de ma ferveur
Puis ils repartent, tonitruants, ça va de soi en maugréant
Rejoindre le groupe de mécréants
« Tas d’imbéciles »
Manants débiles, soumis aux vils
Tous des bandits que des pourris
Je me relève, droit comme un i,
Libre de voix, pas fait pour moi
Menteurs, trompeurs, et cætera
Se servent de vous pour des voix
Quand au pouvoir, ils ont les lois
S’en contrefichent de vos soucis
Pendant cinq ans, ils vous oublient.
Je termine mon petit déjeuner
Je cogite, il me vient une idée
Je retourne chez la vieille dame
Ses cheveux blancs lui donnent sa flamme
J’ai une envie de chocolat
Un bon éclair me calmera
Son chien est là, me fait la fête
Elle me tend une cassette
« C’est un cadeau pour vos mirettes »
Je suis ému, quelle gentillesse
La remercie, de sa noblesse
Il est grand temps de repartir
Et je rejoins mon point de mire
Paire de jumelles, elle m’a donné
Donc je commence à observer
Bien loin, au sud, une colline
Six heures de marche, jusqu’à la cime
Copains perdus ! Amis, peut-être ? Je repars le cœur en fête
Un bon chien, une dame en tête, prédilection, présage céleste
Sur mes doigts, deux cartes maîtresses
Deux Tombolas et des jumelles
Y’a pas à dire, la vie est belle
Je dormirais là haut ce soir, sur la colline de l’espoir
Ma tente dressée vers les étoiles, un feu joyeux, sous un grilloir
Une chaleur réconfortante, sur la grille, posée ma poêle
Pour dorer ma côtelette, quelques piments de l’Espelette
Puis je m’endormirais, l’esprit serein, au premier cri d’une chère chouette.
Le Noctamplume